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Comment aider nos enfants à gérer leurs conflits ?

Nous le savons, crier, punir et culpabiliser ne font qu’aggraver le conflit. Mais il n’est pas toujours facile de garder son calme au quotidien. La  gestion de son propre stress est pourtant la clé pour instaurer un climat serein et propice à la communication. Il s’agit aussi d’analyser ce qui nous fait bondir. Chaque parent trouvera ses propres techniques de retour au calme, certains vont respirer une minute, s’isoler, chanter, entrer en action…

 

Pour agir consciemment, voici quelques pistes accessibles et concrètes inspirées majoritairement du livre de Faber et Mazlish « frères et sœurs sans rivalité ».

L’idéal est de ne PAS intervenir et ils apprendront ainsi à gérer eux-mêmes leurs conflits.

Voici la méthode :

  • Reconnaître la colère de chaque enfant
  • Ecouter la version de chacun
  • Montrer notre confiance en leur capacité de trouver des solutions
  • Quitter la pièce (les enfants apprécient qu’on leur fasse confiance)

Et si cela en vient aux mains ?

  • Décrire de manière ferme « je vois deux enfants qui sont sur le point de se taper et se mordre !
  • Fixer les limites « il est absolument interdit de faire du mal aux autres »
  • Séparer (qui est une conséquence et non une punition)

S’occuper de l’enfant agressé « je vois que tu t’es fait mordre par ton frère, ça doit faire très mal, viens je vais te soigner. Ton frère doit apprendre à dire les choses car il en est tout à fait capable. On ne mord pas dans cette famille ».

Amener le persécuteur à avoir de la compassion pour l’autre « je suis certaine que tu peux t’imaginer le mal que cela fait quand on se fait mordre »

Faire émerger la force présente chez la victime « tu es capable de te défendre et tu peux montrer ta force à ta sœur en lui criant très fort STOP ! »

Si le conflit est récurent?

Organiser une réunion de famille afin d’utiliser la méthode de résolution de conflit.

  1. Expliquer le but de la réunion
  2. Expliquez les règles : « nous allons écouter, sans nous interrompre,  chacun d’entre vous ».
  3. Prenez connaissance du ressenti de chaque enfant
  4. suggérer autant de solutions que possible. Mettez par écrit toutes les idées, en commençant par celles des enfants et noter les toutes sans les juger
  5. Choisir ensemble les solutions qui conviennent à tout le monde
  6. Organisez un suivi

La rivalité entre frères et sœurs est tout simplement universelle. Quoi que nous fassions, elle existe. Les enfants se sentent mis en danger par leur frère ou leur sœur qui leur « vole » tout: le temps et l’amour de ses parents, ses jouets, ses vêtements etc…Chaque enfant l’exprimera à sa manière et avec les moyens cognitifs dont il dispose. Il est donc normal que nos enfants se disputent et la fratrie représente le premier endroit de leur apprentissage. Nous ne pouvons pas tout contrôler mais il existe des outils préventifs à pratiquer au quotidien. Ceux-ci feront l’objet de notre prochain article.

Gran’Dire ensemble organise des ateliers à thèmes pour parents, du coaching individuel et des formations en milieu scolaire.

A la recheche d’un coach de vie ou d’un coach parental? Pour des séances de coaching individuel ou les ateliers de parents, à Bruxelles et dans le Brabant wallon, contactez Emilie Lucas de Gran’dire ensemble: https://gran-dire-ensemble.com/163-2/

Tel.: 0485/41.07.37. emilielucas@gmail.com

dessin fratrie

 

Encourager plutôt que complimenter. Pourquoi?

De nombreux psychologues et spécialistes de l’éducation positive, tels qu’Isabelle Fillozat, Jane Nelsen, Céline Alvarez ou encore Faber & Mazlish attirent notre attention sur la différence  entre le compliment et l’encouragement. Nous allons voir en quoi consiste la nuance et quels sont les bienfaits de l’encouragement de nos enfants. Le but ici, n’étant pas de détrôner les complimenteurs que nous sommes en tant que parent bienveillant mais bien de porter notre réflexion un peu plus loin, et nous permettre avec la compréhension de cette différence de taille , de devenir encore un peu plus conscients.

parentalite-positive

Des limites du compliment … aux bienfaits de l’encouragement.

« Oh c’est beau, tu es vraiment l’artiste de la famille ! », « C’est bien tu es une gentille grande sœur », « Ah je savais que tu allais y arriver tout seul ! » ou encore « Toi, tu es vraiment un joueur de foot professionnel ! » sont autant de compliments qui ne sont pas négatifs en soi, des marques d’amour mais qui, de manière répétée, pourrait donner à l’enfant l’idée qu’il est meilleur que les autres,  qu’il se doit d’être professionnel de foot plus tard, qu’une grande sœur doit à tout prix être gentille,… Bref, le compliment peut enfermer l’enfant dans un rôle, défini par celui qui le donne. Puisque l’enfant veut plaire à son parent, ne rejouera-t-il pas ce rôle jusqu’à en oublier que ce n’est peut-être pas lui ?

Aussi, le compliment implique, ce que l’on appelle en coaching, un référentiel externe : l’enfant qui reçoit un compliment peut vouloir faire plaisir à autrui et de ce fait, cesser ses efforts lorsque des signes d’approbation sont donnés. Un enfant qu’on encourage nourrit une motivation interne, son estime de soi, il s’attachera alors plus volontiers au processus qu’au résultat et aura envie de progresser. Le souhait des parents n’est-il pas de renforcer cette estime de soi pour que leurs enfants se sentent bien dans leurs pompes ? Et puis, quelle pression ! On observe certains enfants qui se demandent s’ils seront toujours aimés s’ils en viennent à ne  pas être à la hauteur du compliment.

Se pose aussi la question de la crédibilité : imaginez que vous dites à votre fils « Toi, t’es toujours un adorable bonhomme ! » mais qu’il vient de frapper Arthur à la récré… Il en déduira que vous ne le connaissez peut-être pas si bien.

Par ailleurs, le compliment amène aussi la notion d’ascendance – de celui qui fait le compliment sur celui qui le reçoit – là encore, nous ne pensons pas que ce soit l’intention des adultes envers les plus jeunes.  Voici un exemple éclairant : plutôt que de dire à notre petit « Je suis fière de toi ! » (référence externe et ascendance), on préférera dire « Tu peux être fier de toi » ce qui amène l’enfant à se référer à lui-même et supprime tout simplement l’ascendance qu’il pourrait ressentir de notre part. Son regard va changer ; il n’a alors plus besoin de notre jugement pour se construire, il peut, petit à petit, se référer à lui-même. Il va réfléchir, faire fonctionner son cerveau préfrontal ( la partie à l’avant du cerveau qui permet de rationnaliser, relativiser prendre du recul ) Cette partie n’est pas encore mature  (et ne le sera qu’à l’âge de 25 ans !)

De plus, le compliment pourrait générer des comportements tels que le mensonge, la dissimulation, le rejet de la faute sur les autres afin de ne pas décevoir les attentes que l’enfant perçoit chez l’adulte.

Donc le compliment… pourquoi pas de façon modérée mais l’encouragement, lui,  sera à coup sûr porteur d’une spirale vertueuse. Nous allons voir en quoi les enfants encouragés apprennent à penser, construisent leur estime de soi au fur et à mesure de leurs expériences et se comparent moins aux autres. De plus, on évite par-là que l’ego devienne trop encombrant avec le temps.

Lorsque je dis, en jetant un regard furtif sur le dessin de mon fils « Waouh c’est beau, tu es vraiment l’artiste de la famille ! » la part narcissique de lui sera nourrie et il éprouvera de la satisfaction, son « image de lui »  sera flattée. Pour faire grandir son estime de lui, sa confiance,  lançons nous dans une description du genre : « Je vois que tu as dessiné des fleurs de toutes les couleurs. Ce dessin me met de bonne humeur. Tu es content de ce que tu as fait ? Tu peux être fier de toi ! Ça a dû te demander de la patience pour réaliser toutes ces fleurs ». Certes, cela demande plus de temps qu’un simple « Waouh, c’est top »…. mais , quand c’est faisable, pour quelle bonne raison s’en priver ?

Ne nous méprenons pas, nous faisons bien de complimenter, valoriser nos enfants évidemment mais les dernières recherches en neurosciences et en sciences de l’éducation nous permettent de mettre de nouvelles lunettes pour que nous puissions  atteindre notre but : celui de construire, consolider avec lui, son estime de lui-même.

On en revient à la notion de référence interne/externe. N’est-ce pas un beau cadeau fait à l’enfant que de lui offrir la possibilité de se fier à son ressenti plutôt que d’avoir besoin de l’approbation des autres pour se construire, pour évaluer ce qui lui semble juste?

L’encouragement a une multitude de bienfaits : la valorisation de ses efforts  (« Je vois à quel point ça t’a demandé du travail » ). Une reconnaissance de la responsabilité (« Je vois que tu regardes à gauche et à droite avant de traverser, tu vas bientôt pouvoir aller chez Lena toute seule »). Une attention personnalisée ( « Quand je vois ta création, ça me fait penser à… »). De la gratitude (« Merci pour ton aide, ça me touche que tu ais fait ce dessin pour moi »). La valorisation de son processus d’apprentissage ( » Tu peux m’expliquer/me montrer comment faire ?  » ) et surtout la construction d’un référentiel interne, essentiel pour son autonomie  ( » Qu’est ce que ça te fait d’avoir présenté ton travail devant toute la classe?  » )

parentalite bienveillante

Concrètement, comment faire ?

  • Ce qui nous paraît le plus important est de décrire le comportement de l’enfant pour le valoriser et de ce fait éviter de toucher à son identité. On peut rarement se tromper en utilisant la description! L’enfant peut s’approprier le compliment si l’adulte le met en contexte : « Bravo, dans ce travail, tu as fait preuve de beaucoup de créativité» et illustre ses propos. L’enfant tirera ses propres conclusions. Par exemple, « J’ai vu que tu avais aidé ton frère à ranger tous ses jouets, merci de l’avoir aidé » plutôt que « Tu es gentille ». L’enfant ne va pas se construire à partir de ce que vous validez mais bien à partir de ce que lui-même ressent comme beau, juste et bon,… Décrire supprime les jugements de valeur et va l’aider à croire en ses habiletés et ses réussites.
  • Valider le ressenti de l’enfant  » Comment c’était pour toi de passer la balle à Thomas avec autant de monde autour de toi ? » ce qui revient à valider sa réussite avec ses sens à lui, il pourra alors intégrer le compliment comme vrai pour lui.
  • Partager notre joie lui permet alors de se sentir important et intéressant pour nous.
  • Relever les comportements que nous trouvons négatifs mais en veillant toujours à décrire le comportement qui pose problème « Si tu es fâché, dis le avec des mots et pas avec des coups, tu en es capable » et ne pas viser l’intégrité de l’enfant « tu es méchant ».
  • Dire en quoi nous sommes touchés par le comportement.
  • Remercier plutôt que dire « C’est bien » (jugement de valeur).
  • Valoriser les efforts que ça lui a demandé plutôt que le résultat.
  • Reconnaître la déception quand le résultat n’est pas concluant par rapport à l’effort fourni.
  • Les encourager à être fiers d’eux-mêmes « Tu es fier de toi ? »

 

Mais surtout soyons sincères tant dans les compliments que les encouragements . Le contenu ici vise à nourrir une réflexion et  un changement de comportement très progressif sachant que l’humain a une tendance à reproduire de manière inconsciente des automatismes issus, entre autre, de sa propre éducation et de son système de croyances. Être un parent conscient est une belle évolution mais soyons indulgent  avec nous-mêmes, le changement prend du temps et souvent la culpabilité de ne pas répondre à nos propres exigences parentales est inutile, voire le principal frein vers le changement. Montrer à nos enfants que nous sommes humains, authentiques et que nous ne sommes pas des bouquins de théorie reste essentiel.

A la recheche d’un coach de vie ou d’un coach parental? Pour des séances de coaching individuel ou les ateliers de parents, à Bruxelles et dans le Brabant wallon, contactez Emilie Lucas de Gran’dire ensemble: https://gran-dire-ensemble.com/163-2/

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l’éducation positive… concrètement

Le concept de la parentalité positive est issu de la discipline positive, méthode éducative imaginée par Jane Nelsen, psychologue américaine et mère de 7 enfants,  qui prône l’équilibre entre fermeté et bienveillance. Les grands préceptes de la discipline positive sont :

1 Connecter avec l’émotion de l’enfant avant de corriger le comportement.

Avant d’adopter la position d’éducateur (fermeté), « connectons » avec l’enfant et essayons de comprendre ses émotions (bienveillance). En sachant que derrière tout comportement inapproprié de celui-ci, il exprime un besoin et souvent une croyance (« on ne m’aime pas », « je ne vaux rien »…) Lorsqu’on a connecté avec l’enfant, on peut choisir ensemble une solution. Par exemple, face à un enfant en larmes parce qu’il ne reçoit pas une glace; Jane Nelson nous enseigne qu’il est fondamental de lui dire  » je comprends que c’est frustrant et pas agréable pour toi que je refuse, c’est tellement bon les glaces ! » et seulement ensuite maintenir sa position en lui expliquant pourquoi: «  il est 18 h c’est bientôt l’heure du souper et pas du dessert« . Ne pas fonctionner dans cet ordre ne permettra pas à l’enfant de sortir de son émotion et d’entrer dans la réflexion.

2 Le besoin d’appartenance/la coopération (c’est une motivation de base chez l’enfant pour qui il est fondamental d’appartenir à sa famille ; il sera donc toujours prêt à coopérer)

Décrite par Adler, disciple de Freud, la notion d’appartenance sociale est adaptée par Jane Nelsen au niveau familial. Nous avons besoin d’appartenance à notre famille pour pouvoir « coopérer » avec nos parents. Exemple : Les tâches ménagères, toute contribution de l’enfant lui permet d’exister au sein de la famille, donc de coopérer. un autre exemple: Donner des missions à l’enfant au supermarché …. il se sentira utile pour la famille.

3 L’encouragement

L’encouragement a une multitude de bienfaits : la valorisation de ses efforts  (« Je vois à quel point ça t’a demandé du travail » ). Une reconnaissance de la responsabilité (« Je vois que tu regardes à gauche et à droite avant de traverser, tu vas bientôt pouvoir aller chez Lena toute seule »). Une attention personnalisée ( « Quand je vois ta création, ça me fait penser à… »). De la gratitude (« Merci pour ton aide, ça me touche que tu ais fait ce dessin pour moi »). La valorisation de son processus d’apprentissage ( » Tu peux m’expliquer/me montrer comment faire ?  » ) et surtout la construction d’un référentiel interne, essentiel pour son autonomie  ( » Qu’est ce que ça te fait d’avoir présenté ton travail devant toute la classe?  » )

 

La parentalité positive, d’une certaine manière c’est être un parent plus conscient, un beau cadeau à nos enfants à la hauteur de la difficulté que cela représente au quotidien.

Si vous cherchez un coach parental à Bruxelles ou dans le Brabant Wallon, contactez Emilie Lucas de Gran’dire ensemble: https://gran-dire-ensemble.com/163-2/

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