Comment poser des limites à mon enfant en évitant cris, punitions ou fessées ?

L’enfant n’agit pas  CONTRE nous, ses comportements sont guidés par différents besoins : la découverte, l’expérimentation ou tout simplement des besoins physiologiques tels que manger, boire, se faire câliner, exprimer ses émotions. Il n’a pas encore la capacité de formuler ses besoins et ses émotions de manière optimale. Cette aptitude, même une fois adulte, peut parfois être difficile.  Il est donc important de se le rappeler dans les moments où les comportements de nos enfants nous exaspèrent.

Il est également important de garder à l’esprit lorsqu’on aborde les limites avec les enfants, que nous sommes leurs modèles. Leurs comportements sont le reflet des nôtres. Ils apprendront naturellement la politesse, le respect, et les valeurs que nous véhiculons à travers nos actes au quotidien. Parfois, il faut juste un peu de temps.

Bien entendu, un enfant a besoin- parce que ça le rassure et le structure-  d’un cadre et de repères. Chaque parent aura ses propres règles mais l’important est qu’elles soient claires pour l’enfant (et donc pour l’adulte en amont), qu’elles soient adaptées à son âge et compréhensibles. Il est donc important de connaître les bases du développement de l’enfant et son fonctionnement aux différents stades (références en bas de page) mais nous pensons que chaque parent est le spécialiste de son enfant et le connait mieux que personne en passant du temps avec lui et en l’observant.

Avec la question des limites, se pose celle du pouvoir. Lorsqu’on rentre dans une lutte pour se faire obéir, les parties s’épuisent et le cercle vicieux se met en place. En général, dans ce cas-là nous enclenchons le mode automatique en reproduisant notre modèle éducationnel. Parfois aussi, nous n’avons  simplement pas le courage de tenir tête et rester ferme, alors on dit non, ensuite oui bref on devient incohérent… D’autres fois, notre fatigue ou notre stress nous fait réagir au quart de tour… Mais alors comment faire pour éviter de tomber dans le piège de l’autoritarisme ou du laxisme ? Comment offrir un cadre réconfortant et sécurisant tout en laissant une place à la liberté d’expression et la spontanéité de l’enfant ?

Il existe de nombreuses lectures intéressantes sur le sujet (dont certaines sont mentionnées plus bas) Nous avons retenu 10 méthodes ou astuces applicables au quotidien en fonction de nos envies et/ou notre énergie qui nous permettront d’aller vers une parentalité positive.

  • En famille, vous pouvez établir la liste des règles non négociables qui concernent par exemple la sécurité ou l’intégrité des autres. Donnez des exemples concrets et notez-les sur une charte. Vous pouvez aussi mentionner les règles plus souples qui s’adapteront en fonction du contexte et des besoins spécifiques. Les enfants auront davantage envie de respecter le « règlement d’ordre intérieur » s’ils l’ont co-créé.

 

  • S’observer. Se demander « qu’est ce qui fait que cela me met dans cet état quand mes enfants se disputent ? Quand ma fille ne veut pas ranger ses affaires ou quand mon fils renverse la moitié du tube de dentifrice par terre ? » Il s’agit de faire un « STOP » sur la situation, un pas de recul pour avoir une vision plus globale. « Qu’est-ce qu’en penserait tel ou tel autre parent ? qu’en penserai-je demain ? Dans 10 ans ? Qu’est-ce qui fait que cela m’énerve autant ? »

 

  • Si je vous dis : « ne pensez pas à une voiture jaune roulant dans une forêt », vous la voyez filer dans la jungle de votre esprit. Le cerveau intègre mal la négation et celui des enfants encore plus difficilement. C’est la raison pour laquelle vous avez tout intérêt à énoncer des consignes positivement. C’est d’autant plus vrai avec des jeunes enfants. Par exemple, on ne dira pas : « ne traverse pas la rue » mais plutôt « reste sur le trottoir ».

 

  • Pour les plus jeunes, offrons-leur du choix: « Tu veux d’abord enlever tes chaussures ou d’abord laver tes mains ? » Assouvissons leur besoin grâce à l’imaginaire : « Tu as très envie d’une glace ? Maintenant on va manger le diner mais qu’est-ce que tu aurais pris comme goût ? Moi j’aurais pris citron et fraise, et tu imagines si on pouvait prendre une glace géante à 10 boules ? etc. ». Préparons-les à tout changement dans la journée. Les transitions sont plus faciles à vivre lorsqu’elles sont anticipées et annoncées : « Nous allons partir du parc dans 10 min… Dans 3min, et puis nous irons préparer le diner ». Et enfin, détournons l’attention : « Hoooo regarde le canard, tu crois qu’il rentre aussi à sa maison ? », « On compte jusqu’à 3 et on court ensemble jusqu’à l’arbre ». Ces astuces permettent d’y aller plus en douceur et faciliter la coopération de l’enfant. Néanmoins, ceci ne veut pas dire que parfois un non est non !

 

  • Soyons clairs avec NOS limites. C’est en général quand on dépasse ses propres limites qu’on en vient à s’énerver et à crier. Par exemple, lorsqu’on est fatigué et que nos enfants ne veulent pas se coucher, ou lorsqu’on accepte des choses alors qu’on en avait pas envie. Osons dire STOP à nos enfants lorsque c’est nécessaire pour leur bien et le nôtre. Par contre, acceptons qu’ils expriment une émotion suite à ce non. L’idée est de se connecter à l’émotion de l’enfant sans pour autant revenir sur notre parole ou accepter un comportement inacceptable. « Je comprends que tu sois triste de ne pas avoir de glace mais nous allons manger le diner maintenant,… »

 

  • Donner des informations à l’enfant afin qu’il comprenne la règle : « Lorsqu’on mange une glace avant le diner, l’estomac se remplit de sucre et de choses qui ne nourrissent pas ton corps et il y a moins de place pour les aliments dont ton corps a besoin pour bien grandir… »

 

  • Utiliser la DESCRIPTION: « Je vois un cartable par terre », « les légos sont toujours à côté de la caisse », « le dîner est prêt mais la table n’est pas dressée »… en essayant de garder un ton neutre et factuel. Ceci amène l’enfant à se demander par lui-même ce qu’il est nécessaire de faire et en prendre l’initiative et la responsabilité.

 

  • Les laisser assumer la conséquence de leurs actes plutôt que les punir. Exemple : Arriver en retard à l’école, ne pas laver les vêtements qui ne se trouvent pas dans le bac à linge…

 

  • Encourager le comportement que vous voudriez qu’il développe plutôt que critiquer ce qui ne va pas : « Je vois que tu as rangé soigneusement toutes les poupées et que tu as trié les jouets, quel ordre ! ça me fait plaisir de voir ça ». « J’ai remarqué que tu avais fait l’effort de goûter les chicons »…

 

  • Exprimer nos besoins et parler en JE: « Quand je vois toutes ces miettes par terre, je me sens irritée et j’ai besoin que chacun mange au-dessus de son assiette » (Ce point à lui seul fera le sujet d’un prochain article).

 

Pour conclure, rien de tel qu’un peu de légèreté, de rires et d’humour pour décanter une situation difficile : « En combien de temps vous allez pouvoir mettre la table ? », « Jaques a dit…brosse toi les dents », prendre une voix rigolote avec un accent, mettre de la musique et ranger en dansant, … « Perdre » 5 minutes pour en gagner le double, en se reconnectant à l’enfant grâce à un câlin, un chant, du rire, du dessin… ce qui vous parle à vous, pour repartir d’un bon pied.

Livres conseillés :

Isabelle Fillozat : « J’ai tout essayé », « Il me cherche ».

Catherine Dumonteil-kremer : « Une nouvelle autorité sans punition ni fessées »

A.Faber et E. Mazlish : « Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent »

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